"Sur la piste rouge qu'elle emprunte pour aller à l'école de madame Aminata, Aïssata croise un joli lézard jaune aux yeux verts, qu'elle adopte comme ami et qu'elle nomme Tatihou. Un peu plus loin, la fillette aperçoit des soldats en kaki, qui sont ses ennemis. Elle le comprend à cause des cris, des bruits d'armes et du feu qui se répand. Mais elle ignore pourquoi ils agissent ainsi. Parmi eux, pourtant, Pip, un enfant-soldat lui sauve la vie.

Jocelyne Sauvard traite d'un sujet difficile : l'irruption de la guerre dans le quotidien d'une fillette, qui ne comprend rien à ce qui lui arrive et se retrouve seule en quelques instants.

Le récit, bien qu'à la troisième personne, exprime le point de vue d'Aïssata. L’auteur, de manière très sobre, pudique et délicate, avec une langue qui chante et qui pleure, aborde aussi la question douloureuse des enfants-soldats, à la fois victimes et bourreaux, enrôlés de force dans des conflits ethniques, et qui, par peur, par réflexe de survie, apprennent à tuer. Le récit ne sombre pourtant jamais dans le pathétique ou l'apitoiement. Et ce, malgré la dureté du sujet. Il y a de l'espoir. C'est tout ce qui en fait sa force d'ailleurs."

C. Gentile

Texte de Jocelyne Sauvard

Paru aux éditions du Sorbier en septembre 2007
(partenariat avec Amnesty International)